Aller au contenu principal
Journal

hammam

Hammam à Marrakech : ce que personne ne vous dit avant d'entrer

Hammam à Marrakech : ce que personne ne vous dit avant d'entrer

Il y a deux types de hammam à Marrakech. Le premier est climatisé, sent la rose et coûte 80€. Le second se trouve dans une ruelle sans enseigne, coûte 15 dirhams, et change votre façon de penser au corps, à l'espace, au temps. Ce texte parle du deuxième.

Le hammam n'est pas un spa

Un hammam traditionnel marocain, c'est un bâtiment public chauffé par une chaudière à bois. Il y a plusieurs salles, chacune plus chaude que la précédente. On y entre avec un seau, un kessa (gant exfoliant en crin), du savon beldi noir, et beaucoup d'humilité.

Ce n'est pas un lieu de détente au sens occidental du terme. C'est un lieu de purification. Les Marocains y vont en famille, avant les fêtes, avant le mariage, le vendredi. C'est une institution sociale autant qu'hygiénique.

Le touriste qui arrive en slip de bain et qui cherche un casier avec cadenas va passer un mauvais moment.

Ce qu'il faut apporter

Un seau en plastique (vendu à l'entrée pour quelques dirhams, ou pris à la villa). Le savon beldi (noir, à base d'huile d'olive, en texture de pâte), achetez-en dans les souks, pas dans un hôtel. Une kessa, le gant de crin qui va retirer les cellules mortes. La première fois que ça marche, c'est un choc.

Deux serviettes, des sandales en plastique. De l'eau froide en bouteille, la chaleur déshydrate.

Ce qu'il ne faut PAS apporter : un appareil photo, des attentes de silence zen, et l'idée que vous allez rentrer reposé. Vous allez rentrer propre, vide, et légèrement désorienté. C'est mieux.

L'étiquette de base

On ne parle pas fort. On ne se dépêche pas. On laisse la place aux habitués. Si quelqu'un vous propose de vous frotter le dos, c'est le kessali, accepter ou décliner poliment, mais sachez que leurs mains trouvent des endroits que vous n'avez pas nettoyés depuis des années.

Les hammams sont séparés par genre, ou alternent selon les horaires. Vérifiez avant d'y aller.

Trois adresses à moins de 25 minutes de la route de l'Ourika

Hammam Dar el-Bacha (Médina, Rue Fatima Zohra) : le plus beau bâtiment, restauré, mais toujours fonctionnel et accessible. Pas un musée. Ouvert tôt le matin.

Hammam Sidi Bouloukat (près de Jemaa el-Fna) : le plus authentique du centre, fréquenté par les habitants du quartier. Tarif local. Pas de pancarte en français.

Hammam el-Bacha populaire (quartier Bab Doukkala) : pour ceux qui veulent le niveau maximum d'immersion. Amenez un guide ou demandez à Youssef de vous déposer.

Combien ça coûte

Un hammam populaire local : entre 10 et 20 dirhams l'entrée, plus 50 à 80 dirhams si vous prenez un gommage avec un kessali. Un hammam touristique climatisé de la Médina : 150 à 300 dirhams tout compris, serviettes et savon fournis. Un spa cinq étoiles avec soins : 500 dirhams et plus, on est alors dans un massage occidentalisé, plus proche du spa que du hammam traditionnel.

Le hammam privé à la villa se réserve sans supplément pour les séjours, il suffit de prévenir la veille pour que l'eau soit à bonne température.

L'eau, la chaleur et l'hygiène

Question qui revient souvent : est-ce hygiénique, avec autant de monde qui passe ? Les hammams traditionnels fonctionnent à l'eau courante, pas à l'eau stagnante comme un jacuzzi. Chacun se lave avec son propre seau rempli au robinet, il n'y a pas de bassin partagé où l'on trempe. La chaleur elle-même (les sols et bancs montent au-delà de 40°C) limite fortement la prolifération bactérienne. Les établissements sérieux nettoient les sols entre chaque session.

Pour les peaux sensibles, le savon beldi peut sembler agressif la première fois, c'est normal, c'est un savon alcalin conçu pour dissoudre les cellules mortes. Rincez abondamment et hydratez en sortant.

Et le hammam privé à la villa ?

Villa Azur dispose d'un hammam privé, sur demande. C'est une autre expérience : silence, espace, votre rythme. Certains préfèrent commencer par là pour comprendre le rituel avant d'aller dans un hammam public. D'autres font l'inverse, le public d'abord, pour se calibrer, le privé après pour décompresser.

Les deux ont leur logique. L'un vous sort de vous-même. L'autre vous ramène à vous.

Pour les familles avec enfants, le hammam privé est souvent la meilleure introduction. Et si vous hésitez entre un riad en Médina et une villa, savoir qu'un hammam privé est disponible peut peser dans la balance.

Envie de vivre tout ça ?

Voir les tarifs et réserver